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Message de S.Ém. Jetsün Khandro Rinpoché (21 novembre 2010)

Le Renoncement dans la Tradition Bouddhiste

Chers amis, chères amies,

Au nom du Monastère Mindrolling en Inde, je voudrais rendre hommage à la merveilleuse vision et aux efforts de Swami Atmananda Ji et de tous les membres de l’Ajatananda Ashram.

Dans le monde d’aujourd’hui, avec tous les malentendus et les conflits qui découlent du manque de compassion, de tolérance et d’une véritable compréhension du potentiel humain le plus profond, cet effort pour établir un dialogue interreligieux autour du Renoncement constitue un point de convergence prometteur pour nous tous. Nous avons grand espoir qu’il apportera à beaucoup une prise de conscience, une compréhension et un sentiment de paix.

La vision bouddhiste du renoncement ne consiste pas à s’éloigner des autres mais à renoncer à l’ego ou au “moi” et à favoriser une introspection afin de susciter une sagesse éclairant la bonté fondamentale, la qualité essentielle de chaque être humain.

Il est dit que, bien que cette capacité et la nécessité de reconnaître ce potentiel humain nous soient inhérentes, il n’en reste pas moins que la réalisation de notre nature fondamentale intérieure échappe presque toujours à notre mental et qu’il nous est difficile de la voir ou de la réaliser parce que nous sommes aveuglés par les nombreuses distractions des activités de ce monde et que nous sommes ainsi plongés toujours davantage dans le samsara.

C’est en gardant à l’esprit ce problème posé par les nombreuses distractions du samsara que nos grands maîtres éveillés des différentes traditions ont tous souligné l’importance de la contemplation et du renoncement comme moyen de reconnaître notre nature fondamentale et de développer une entière confiance en elle.

Le renoncement est une approche essentielle dans les pratiques bouddhistes, mais dans le monde moderne, il est souvent mal compris et de nombreux pratiquants le considèrent comme un chemin difficile ou inutile, voire égocentrique, et se trouvent souvent incapables de s’y relier. Mais ce type de pensée témoigne de l’ignorance quant à l’intention du renoncement. Lorsque l’on prononce les vœux de la Pratimoksha, on s’engage en fait dans la discipline qui consiste à parvenir au pur abandon de soi, et avec les vœux du Vinaya, on cultive l’humilité du corps, de la parole et de l’esprit, et on considère ainsi que c’est la voie qui libère le soi de l’asservissement à l’ego. La base fondamentale des vœux de renoncement consiste à s’abstenir de nuire aux autres. C’est pourquoi on parle aussi d’éthique ou de discipline lorsque l’on s’efforce de renoncer complètement à nuire à autrui. Comment cela pourrait-il être inutile ou sans importance face à tous les troubles et à toutes les souffrances que le monde et les êtres qui y vivent connaissent aujourd’hui ? Comment peut-on ne pas voir son importance et sa pertinence dans nos vies aujourd’hui ?

L’entraînement à l’observation des vœux de Pratimoksha consiste avant tout à éviter toutes les actions négatives qui pourraient être source de souffrance et d’affliction mentale pour soi-même et pour les autres. Cela permet de briser la chaîne des habitudes et des tendances négatives en établissant une base solide sur le chemin d’une pratique source de paix, de joie et de bienfaits pour soi-même et tous les êtres sensibles. Tant que notre mental est faible et attiré par la cause de nos émotions, il est facile d’être influencé ou submergé par la colère, le désir et la confusion. Les vœux sont en fait une protection pour éviter d’être confronté avec les afflictions mentales ou leur source. Dans la tradition bouddhiste, une fois que notre mental a acquis la force de se tenir debout tout seul (ou dans sa vraie nature), en subissant une influence moindre des activités physiques ou extérieures, on peut mettre davantage l’accent sur les activités d’un bodhisattva ou sur l’ouverture vers l’extérieur afin de libérer tous les êtres sensibles de la dukkha du samsara. C’est dans cette optique que le renoncement est considéré comme le fondement sur lequel peut naître en chacun une compassion plus vraie et plus directe.

C’est pourquoi nous sommes vraiment réconfortés et ravis de voir que cette retraite se tient à l’occasion du centième anniversaire de la naissance de Sri Swami Abhishiktananda et qu’elle célèbre son œuvre et sa vision d’une communauté de moines et moniales de différentes traditions, tous à la recherche de la Vérité. Nous prions sincèrement pour que tous les participants y retirent un grand bienfait et que toutes les personnes spirituelles et les fidèles de diverses traditions deviennent plus conscients et comprennent mieux l’importance vitale du renoncement comme chemin vers la paix. Puisse cet événement favorable ouvrir réellement la voie à une compréhension mutuelle entre toutes les précieuses traditions et croyances et que la sagesse qui émane de cette vision inspire d’autres personnes à suivre cet exemple remarquable et inspirant.

Avec mes humbles salutations et mes respects,

Mindrolling Jetsün Khandro Rinpoche

* Son Éminence Jetsün Khandro Rinpoché est une importante lama du Vihara Nyingmapa Mahabuddha, Clementown, Dehradun (Uttarakhand). Elle dirige de nombreux centres de pratique et de méditation à travers le monde.

 

Message de Sri Swami Vimalananda Saraswati (21 novembre 2010)

Saintes Divinités,
Om Namo Narayanaya !
Hommage au Seigneur !

Mes pranams affectueux à tous ceux qui se sont rassemblés ici pour participer à cette Retraite Interreligieuse. Au nom du Vénérable Sat Gurudev Sri Swami Shivananda Maharaj et du Très Honorable Sri Swami Chidananda Maharaj, je vous adresse humblement ce court message à l’occasion du Centenaire de la Naissance de Sri Swami Abhishiktananda Maharaj.

C’est une grande joie pour moi de vous dire que Sri Swami Abhishiktananda et Sri Swami Chidananda étaient de grands amis et qu’ils avaient souvent l’habitude de discuter ensemble de sujets concernant non seulement les affaires spirituelles mais aussi les affaires temporelles. Il y avait un lien spirituel étroit entre eux.

La diffusion de la connaissance spirituelle était la première priorité de Gurudev. Swami Abhishiktananda, au cours de sa vie, y a grandement contribué en permettant à de nombreux francophones d’avoir un aperçu de l’Advaita et de la sagesse des Upanishads. Parmi eux, citons Marc qui, inspiré par les écrits de Swami Abhishiktananda, a renoncé à tout, a pris sannyasa auprès de Swami Chidananda après avoir fait l’expérience directe de ce qu’il avait lu et, en devenant Swami Ajatananda, s’est immergé dans une totale solitude. Je suis heureux que nous puissions organiser cette cérémonie pour commémorer le Centenaire de la Naissance d’un si grand saint qui a laissé un grand héritage au monde de la spiritualité.

Les saints sont universels. Ils peuvent venir de divers horizons, mais leur objectif est le même, même s’ils utilisent des moyens différents. C’est une bonne chose que des saints de différents ordres se réunissent pour connaître leurs traditions respectives. Cela aboutira certainement à une plus grande harmonie et une meilleure compréhension entre tous. Les traditions des différents ordres doivent être respectées et reconnues. Que tout cela mène à un objectif commun, à savoir la paix et le bonheur de l’humanité.

Je souhaite à cette rencontre interreligieuse un grand succès. Que les inestimables bénédictions de tous les saints, passés et présents, soient toujours avec chacun d’entre nous.

Avec mes cordiales salutations, Prem et Om,
Bien à vous au service de Gurudev,

Message de Sri Chandra Swami Udasin (21 novembre 2010)

Mes chaleureuses félicitations et mes meilleurs vœux à notre cher Swami Atmananda et aux autres membres de l’Ajatananda Ashram pour l’Inauguration de la Retraite Interreligieuse et la Cérémonie de Bénédiction de la nouvelle salle de méditation en ce jour auspicieux du Centenaire de la naissance du grand saint Pujya Swami Abhishiktananda.
Je prie pour que les chercheurs de Vérité et les sannyasis de différentes traditions méditent et se souviennent toujours plus de Dieu en ce saint lieu. “La vérité est une, les chemins sont nombreux”. La différence entre les chemins est due aux différences individuelles de tempérament, d’intérêt personnel et de capacité à suivre un chemin particulier. Par conséquent, il y aura forcément des différences entre les divers chemins spirituels jusqu’à ce que le chemin mène au but spirituel le plus élevé et que le chemin lui-même converge vers le but. Cela implique également qu’il y ait plus d’harmonie et de compréhension entre les adeptes des différentes voies, si le but spirituel commun n’est rien d’autre que la réalisation de la Vérité/Félicité/Conscience infinie, éternelle et absolue qui est la Réalité essentielle de tout ce qui existe. Seul ce but spirituel le plus élevé peut nous relier tous ensemble.

Encore une fois, ma prière est que de plus en plus de chercheurs spirituels puissent méditer ici et fouler le sentier divin et rayonner l’amour et l’harmonie envers tous.

Om Shanti Shanti Shanti !

Message de Sri Swami Chidananda Saraswati (5 novembre 2006)

Le Dieu qui est présent partout dans ce monde humain qui est le nôtre sera également présent en cette occasion par sa Présence Divine Omniprésente. Cela fera de cette cérémonie une Cérémonie Divine.

Sri Swami Ajatananda Ji a ressenti la Présence omniprésente de Dieu et a fait l’expérience de Son omniprésence alors qu’il était absorbé dans son renoncement, dans Sa Présence et dans sa méditation. Il a vécu une vie où la Réalisation de Dieu était le centre de son expérience. La Présence omniprésente de Dieu était le fondement de sa vie.

Le mot sanskrit “ajata” signifie “ce qui n’est pas né”. C’est le corps humain qui prend naissance. Swami Ajatananda Ji ne s’identifiait pas au corps. Il s’est identifié à l’Âme Immortelle qui est omniprésente, éternelle, immortelle et infinie. Le temps, l’espace, la naissance et la mort n’ont plus aucun sens dans cet état.

Je suis alité en raison de mon grand âge qui a passé les quatre-vingt-dix ans. Sinon, j’aurais été présent pour l’occasion. Néanmoins, ma présence spirituelle sera là ce dimanche 5 novembre 2006.

Je souhaite que toute la cérémonie soit un grand succès et que les cœurs de tous les participants soient élevés dans un état où ils ressentent la présence de Dieu Tout-Puissant ainsi que de Swami Ajatananda.

Que l’Ajatananda Ashram soit un centre de prière, de méditation, d’absorption en Dieu et de retraite spirituelle.

Avec mes salutations, Prem et Om !

Bien à vous, aux Pieds Divins du Saint Maître Swami Shivananda Ji.

Message de Sri Chandra Swami Udasin (5 novembre 2006)

J’adresse mes vœux les plus sincères à mon cher Swami Atmananda Ji et je prie pour que cet ashram devienne un véritable lieu de sadhana pour les chercheurs de Vérité issus de différentes traditions et qu’il favorise et encourage l’amour, la compréhension et l’harmonie entre les individus et au sein de la société. Je félicite également Swami Atmananda Ji et les autres personnes qui ont travaillé à la construction de cet ashram pour en faire un lieu de sadhana spirituelle ouvert à tous sans distinction de castes et de croyances.

Il existe une Réalité/Vérité suprême qui sous-tend toute la diversité apparente. En fait, toute la diversité appartient à ce Un sans second – ekam-eva-advitiyam. Cette diversité sans fin n’est pas une limitation mais la gloire du Seigneur infini qui est l’essence la plus profonde de tous les êtres. Le but ultime de la vie humaine est de réaliser cette Réalité intemporelle et immortelle qui est la Vie absolue, la Félicité absolue, la Vérité absolue et l’Amour absolu. En demeurant dans cette seule Réalité absolue, on se sent comblé de toutes les manières et en tout temps.

Puisque cet ashram est un ashram monastique (sannyasa), je voudrais citer le troisième shloka du cinquième chapitre de la Bhagavad-Gita qui met magnifiquement en évidence la véritable nature du sannyasa :

“Celui qui ne déteste personne et ne désire rien, doit être considéré comme un sannyasi. Car, O Arjuna ! Libéré des paires d’opposés, un tel individu se libère facilement de la servitude.”

L’ashram est un lieu où les chercheurs de vérité vivent ensemble de manière harmonieuse et disciplinée, partageant et empruntant le chemin de la réalisation de Dieu.

Bien sûr, les méthodes, la nature de la sadhana, les symboles extérieurs de la sadhana diffèrent toujours d’une personne à l’autre. Reconnaissant humblement que les différences dans les diverses religions/traditions/chemins/rituels/symboles participent de la gloire merveilleuse du Seigneur infini, le respect pour les autres voies spirituelles est en fait le respect témoigné au Seigneur suprême.

Les vrais saints des différentes traditions ressentent une affinité spirituelle naturelle et une fraternité avec tous parce qu’ils ont goûté au “Un sans second”. Il ne peut donc y avoir de discorde entre les sages inspirés. En fait, ce sont les leaders religieux et la masse des fidèles des différentes traditions religieuses qui doivent développer la tolérance, l’acceptation et le respect des autres traditions religieuses. On peut souligner ici que l’hindouisme laisse une liberté totale de choisir la voie vers la réalisation de Dieu en fonction de son tempérament ou de sa tradition. Cet esprit de tolérance et d’acceptation de la diversité doit être sans cesse renforcé. Les saints et les sages des différentes traditions religieuses peuvent contribuer grandement à cela et promouvoir l’harmonie interreligieuse. Une vie spirituelle authentique est le point de rencontre spirituel le plus profond de toute l’humanité, et la vie à l’ashram, vécue de façon juste et consciente, est la voie la plus propice à la réalisation de la Vérité et de l’unité spirituelle de tous les êtres.

Que le Seigneur bénisse l’Ajatananda Ashram, ses moines et les chercheurs qui y vivront à l’avenir, afin qu’ils soient capables de voir la Lumière divine et de rayonner l’amour et l’harmonie parmi tous les êtres.

Mes humbles pranams aux pieds sacrés de tous les saints et sages présents ici et mes prières pour le bien-être de tous.

Om Shanti Shanti Shanti !

La vraie religion

Chers Amis,

De même que les différentes voies de pratiques spirituelles ne sont que des approches diverses du Divin en fonction de l’un ou l’autre aspect de notre nature humaine, de même les différents systèmes religieux qui existent aujourd’hui dans le monde ne sont jamais que des chemins, si nombreux soient-ils, d’approcher l’unique et suprême Réalité cosmique. Celle-ci est transcendante et ne peut être englobée dans le champ limité de l’expérience de nos sens ou de nos facultés mentales et intellectuelles. En sanskrit, cette Réalité est désignée par le terme ‘Para’ qui signifie « ce qui transcende», «ce qui est au-delà».

Il existe de nombreuses religions, tout aussi valables les unes que les autres, et il faut par conséquent les reconnaître, les vénérer et les aimer de manière égale, et pas simplement les tolérer. La question, en effet, n’est pas tant de tolérer le point de vue de l’autre que d’être capable de comprendre ce point de vue dans la perspective même de l’autre.

« Quelle que soit la forme sous laquelle les êtres M’approchent, Je l’accepte. C’est Ma voie que les êtres suivent de partout » (Bhagavad Gita, Ch.4, 11). C’est la devise par excellence que les croyants de toutes religions devraient adopter dans leur approche des autres religions. Vues de l’extérieur, les religions sont apparemment différentes, mais elles sont Une dans leur essence. Elles existent toutes en vue d’un seul grand dessein spirituel. Ce grand dessein consiste à re-ligare, à « re-lier » l’être humain et la Source cosmique suprême. En réalité, ce lien ne s’est jamais relâché, la connexion ne s’est jamais interrompue entre vous et l’Etre. Vous demeurez toujours en Lui. C’est parce que vous avez perdu votre conscience spirituelle que vous vous considérez comme un être différent: non-spirituel, matériel, physique et phénoménal.

Du fait de cette conscience inférieure, occultante, vous n’êtes pas en mesure de vivre et de ressentir cette connexion spirituelle essentielle entre vous et la Source suprême de votre être. Et pourtant, les Ecritures déclarent inlassablement qu’il n’y a jamais eu de séparation ! Elle est impossible, car Il demeure au-dedans de vous comme votre Moi le plus profond, et vous demeurez en Lui. Vous ne pouvez demeurer nulle part ailleurs, puisqu’Il est infini, omni-pénétrant et omniprésent !

Non seulement Il vous a amené à l’existence, mais il y a aussi une non-différence essentielle entre l’essence de votre être et l’Etre suprême. Les sages et les prophètes qui ont réalisé cet Etre dans la plus grande profondeur de leur conscience spirituelle, ont fait l’expérience ultime que cet Etre suprême est Un et non-duel. Seul cet Etre existe. Cet Etre est la seule et unique Réalité éternelle. Ils ont réalisé que « ekam-eva-advitiyam Brahma » (« Brahman est Un et sans second »), « neha nanasti kinchana » (« la diversité n’existe pas »).

Dès lors, « sarvam khalvidam Brahma » (« tout cela, en vérité, est l’Absolu suprême ») était un fait et devait être reconnu. C’était la Vérité. Puisque ce Principe ou Essence suprême est Un et non-duel, alors la multiplicité que nous voyons doit nécessairement être l’extériorisation de cet Etre suprême et unique. De même que des tissus différents ne sont que du coton, que des bijoux en or ne sont que de l’or et que des poteries ne sont que de l’argile, de même les innombrables noms et formes de cet univers ne sont en essence qu’un seul Etre en une glorieuse manifestation cosmique. Pour cette raison, l’apparente multiplicité n’invalide pas la non-dualité de l’unique Principe suprême. Lui seul prévaut, non-duel, Un sans second.

Toutes les religions ont vu le jour pour ramener l’homme à la source éternelle de son être. Non seulement pour le ramener, mais pour recréer le lien, pour l’établir de manière permanente et totale dans l’Esprit Divin. Comment ? Soit par l’amour de son cœur, à travers la dévotion, la prière, l’adoration et la glorification ; soit par l’analyse pénétrante de l’intellect qui se centre sur Lui sans cesse, et Le cherche au travers de ses multiples facettes ; soit encore en concentrant tous les rayons dispersés de ses capacités mentales en un puissant rayon unique qu’il concentre sur le concept même de cette Réalité Divine Une, suprême et non-duelle, par le processus intérieur et mystique qu’on appelle ‘méditation’. Ou alors en essayant de L’approcher par le sentiment de la présence de cet Etre, présence qui prévaut partout… En orientant sa vie entière, son amour et ses pensées en un flux continu de service envers cette Réalité suprême qui apparaît en toutes les formes de vie qui existent sur terre, se faisant par là le serviteur du Dieu immanent qui demeure dans toute Sa création.

Tous les systèmes religieux sont en définitive des mouvements ascendants vers la Réalité cosmique Une, suprême, non-duelle, qui est la source et l’origine d’innombrables milliards d’univers, connus et inconnus. Toutes les religions vont dans cette direction et partagent le même but : mettre à nouveau l’être humain nomade en contact direct et en relation permanente avec l’Etre universel. Les moyens peuvent être différents, mais la voie est unique, tout orientée vers une seule destination finale, à savoir Dieu et l’expérience de Dieu. Que vous nommiez cet Etre par quelque nom que ce soit, il s’agit de l’expérience suprême, transcendante, de la Source cosmique et de l’origine de votre Etre.

Ceci doit être reconnu et prêché avec amour, avec une foi et une conviction fermes, et porté à la connaissance du plus grand nombre. Pour tous ceux qui ont cette connaissance et sont les gardiens des différentes religions, il est de leur haute responsabilité et de leur suprême devoir envers l’homme comme envers Dieu et vis-à-vis de leur propre sincérité, de ne pas prêcher la différence, mais de proclamer plutôt cette unité spirituelle intérieure essentielle. C’est là le seul et unique fait que l’homme ait besoin de connaître, qui seul fera que l’humanité devienne progressivement une […].

La religion, c’est l’amour. La religion est la reconnaissance de la présence de Dieu partout et en tout comme une vérité vivante ; et la vraie religion consiste à vivre une vie qui mette en relief et manifeste cette vérité au travers de l’amour pour tout ce qui existe. Jusqu’au moment où la religion devienne ce qu’elle est censée être, le destin de l’humanité sera toujours marqué par le conflit, la haine, la désunion et la discorde. Dans ces conditions, seule la tristesse peut en résulter, et non pas la joie, la paix, la prospérité. La religion doit donc aujourd’hui assumer un rôle différent, son rôle véritable, authentique. Jusqu’à présent, elle a perdu son orientation propre […]. Elle a mis l’accent sur les aspects non essentiels des formes religieuses. Or, c’est sur l’Esprit qu’il faut mettre l’accent, pas sur la forme. La forme ne peut affecter l’unité essentielle de l’Esprit au-dedans […].

Il faut une résurgence de la religion essentielle, la vraie religion. Il n’y a pas de multiples religions, il n’y en a qu’une : le chemin de l’homme qui revient à Dieu, l’ascension de l’individu vers la Réalité universelle, le phénomène cosmique de l’être humain qui se relie à nouveau à sa Source divine, à sa Demeure divine. C’est cela, la religion. Aujourd’hui, l’orientation religieuse de l’humanité dans son ensemble doit sérieusement s’engager dans ce rôle nouveau de héraut de l’unité, de l’harmonie.

Toutes les religions existent et sont en position forte pour élever l’esprit humain vers son statut divin essentiel, afin que la nature humaine se remplisse des qualités divines d’amour, de compassion, de bienveillance, de pureté et de tout ce qui est beau, sublime, saint et sanctifiant. Le cœur de l’homme est le terrain qui convient au jeu de ces sublimes qualités divines telles que l’harmonie, la compréhension, l’unité, l’altruisme et l’esprit de service. C’est cela, la vraie religion. C’est là la pratique vraie de la religion : être un véritable enfant de Dieu, un témoin fidèle de Sa toute perfection […].

La religion peut et doit devenir une grande force unificatrice, une grande force pour l’unité et l’harmonie. Alors nous pourrons vraiment dire que Dieu a parlé à l’homme et que la religion est parvenue à prendre sa place légitime dans la société. Elle aura joué le rôle sublime qui lui est destiné, de rendre l’homme conscient de sa nature spirituelle et de son unité avec toute l’humanité. Car au-dedans de tous, demeure la même Lumière de Dieu, qui est la vraie identité éternelle.


*Ce discours a été initialement publié (en Anglais) sur le site internet de la Divine Life Society, et est reproduit ici en traduction française avec l’aimable autorisation de son Secrétaire Général, (D.L.S., Rishikesh, Inde). Il a aussi été publié dans Chidanandam: The Joy of Knowing Him (Rishikesh: Divine Life Society), 2009, pp. 69-74.

Traduction française et adaptation avec la collaboration de Prembhakta.

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